
Vue de l’exposition Seules les plus brillantes, Galerie Prévert, Mauguio, 2025
L’installation vidéo Seules les plus brillantes prend racine dans l’étude du projet « Cartes du ciel », qui s’est étendu de 1887 à 1970 : une vaste démarche scientifique partagée par seize observatoires dans le monde et visant à cartographier le ciel. À partir de plaques photographiques, des centaines de femmes ont travaillé à calculer le positionnement de millions d’étoiles dans un total anonymat. Intriguée par le constat de l’invisibilisation de ces scientifiques, Marianne Vieulès imagine une réalité alternative dans laquelle elles auraient décidé de partir dans l’espace en vue de poursuivre leur mission première en s’éloignant à l’infini de la Terre, de leur culture et de leur mémoire jusqu’à la rupture. Lela visiteurse voit ici le premier épisode d’une série. Trois personnages y décrivent en chorale un objet tout à fait banal pour nous car venu de notre époque, mais qui leur est inconnu. Dans les prochains épisodes, elles échangeront sur de nouveaux objets et apporteront plus d’indices quant à la période de leur mission et leur localisation. Les dialogues sont générés par une intelligence artificielle, les images aussi, d’où une inquiétante étrangeté. Lela spectateurrice peut tenter de deviner la nature du mystérieux objet au centre de l’échange des scientifiques, imaginer...
Si les figures féminines se sont évanouies dans l’Histoire, si les connaissances et les œuvres ont disparu, ressuscitons-les ; si elles n’existent pas, alors inventons-les !