Les ardentes

 

Eucalyptus globulus et pattes de Koala, 2025
Peinture à l’huile, pigments naturels, cire, rideau en coton, rubans de soie et de nylon, perles de rideaux anti-mouche, papier huilé, hêtre brûlé, cordelette de chantier, DIMENSIONS

 

Ces tentures racontent les canicules et les incendies au travers des espèces végétales qui s’y adaptent.
Les méga-incendies comme les épisodes de canicules sont invariablement perçus comme des catastrophes, au delà de cet état de fait, ces phénomènes ont parfois été anticipés chez certaines plantes {note}1. Leur intelligence et leur résilience contribuent à maintenir et inventer la vie là où elle semble se consumer.
Ce travail, à l’instar d’un herbier se situe à la croisée d’une recherche artistique et d’une joie pour la botanique.

Si ce sujet est à mes yeux essentiel c’est qu’il porte en lui d’autres définitions de comment habiter le monde. La vie non-humaine est souvent perçue comme une vie qui se « comporte » mais qui n’agit pas : c’est-à-dire, comme une vie qui suit des schèmes mais qui n’aurait aucune conscience de la forme qu’elle revêt ni des interactions qu’elle entretient.
Cette posture stérile vis-à-vis des non-humains semble être issue de la pensée capitaliste et coloniale. Chercher une posture avec laquelle, porter son intérêt sur le monde végétal ne serait pas un acte de plus de domination sur le vivant, devient donc nécessaire.
Comment porter son regard sur ces êtres, comment les apprendre et les comprendre, comment les raconter ? Comment agrandir la notion de société pour que ces vies en marges de nos concepts y soient admises ?

Calypso Debrot

 

{Soleil}, 2025
Soleil, 2025
Peinture à l’huile, aux pigments naturels et à la cire, tissus en coton, ruban synthétique (des années 80), bois brûlé, cordelette à linge, 32 x 43 cm

 

{Leucodendron + baobab}, 2025
Leucodendron + baobab, 2025
Peinture à l’huile, pigments naturels, cire, toile de transat en coton, ruban synthétique (années 1980), perles de rideaux anti-mouche, papier huilé, bois brûlé, cordelette à linge, 109 x 50 cm

 

{Ciste cotonneux}, 2025
Ciste cotonneux, 2025
Peinture à l’huile, pigments naturels, cire, rideau en coton, ruban synthétique (années 1980), perles de rideaux anti-mouche, papier huilé, hêtre brûlé, cordelette à linge, 53 x 54 cm

 

{Latanier blanc}, 2025
Latanier blanc, 2025
Peinture à l’huile, pigments naturels, cire, tissu imprimé en coton, ruban synthétique (années 1980), perles de rideaux anti-mouche, papier huilé, bois brûlé, cordelette à linge, 34 x 38 cm

 

{Incendie}, 2025
Incendie, 2025
Peinture à l’huile, pigments naturels, cire, tissus synthétiques et tissus teints au coréopsis, bois brûlé, cordelette à linge, 69 x 50 cm

 

{Dictamus Albus}, 2025
Dictamus Albus, 2025
Peinture à l’huile, pigments naturels, cire, tissu en coton teint à l’indigo dans la cuve de l’atelier, bande de simili cuir orange, perles de rideaux anti-mouches en plastique, ruban de coton, papier huilé, charme brûlé, cordelette à linge, DIMENSIONS

 

Crédits photographiques : Calypso Debrot

1Mon attirance pour le monde végétal est peut être née de la contemplation des rideaux fleuris de mon enfance : j’ai grandi à Perpignan où il n’y a pas beaucoup de fleurs.
Des fleurs répétées à l’infini, un décor, un motif presque abstrait.
Je continue à me poser la question de l’apparition des fleurs sur les tissus et les murs. Est-ce une attention portée à ces êtres desquels ,en tirant le rideau, on s’éloigne  ? Est-ce juste un pattern facile et esthétique dont on a oublié qu’il avait été inspiré par des êtres vivants  ?