Mon âme
Je pleure l’océan,
Je pleure les vagues,
Je pleure mon âme qui s’en va doucement.
Elle se promène dans le champs
Et moi, je l’observe sans bruit.
Elle parle avec le buis.
Elle est partie et je suis seule,
Seule au monde avec un seul serpent.
Ima-la-rivière
Qui suis-je ?
Une chose,
Un malheur,
Un rapport ?
Je ne comprends pas.
Me voici, dans un monde inconnu.
Je ne sais pas où je suis ; me voilà, perdue.
Je ne sais pas où je suis ni qui je suis.
Est-ce que je suis un malheur, un objet, une émotion ?
Non je ne sais pas.
Je suis sûrement une poussière
sur un endroit inconnu du fin fond de la Lune.
Ima-la-rivière
Un monde
Un univers, une galaxie, un soleil, plus proche, des planètes, la Terre, l’Europe, la France, Pau, dans ma maison, j’écris mon poème.
Ima-la-rivière
La montagne
Ce qu’elle fait
Ou comment elle travaille
Au corps
Ou comment elle fouille
Le corps
Ou comment elle mord.
Nous sommes juste dans une montagne
Des gens viendront mesurer des portes.
La comète arrivera.
Sûrement d’autres choses arriveront ; des choses adviendront : des ânes, des âmes, des brutes, du feu,
Du calme, des comètes nouvelles, des étrennes pour Noël, des enfants de faïence, des enfants de boue.
Ce qu’elle attrape
Les chats malades
Les chats blessés
Les chats errants
Et quelques vers luisants.
Vaguement,
Parfois, et les sentiments aussi souvent qu’il faut,
En attraper des sentiments, du vent, des lâchetés.
Nous sommes là où les choses bruissent et scintillent .
Nous sommes dans la pièce où l’enfant écrit.
Nous sommes dans la maison où les enfants naissent encore.
Au milieu de la montagne.
Calypso Debrot
La Louve
Il faudrait des mots soulants et l’allégresse,
enfin, pointe,
Au jour, à la mort, à toutes les nuits que je blesse, aux enfants.
Des paroles et des langues à faire survivre
les innocents, nos amours et tous ces animaux volants.
Il faudrait des caillasses et des mutineries,
Quelques fois qui inondent nos travers de petites espèces, nos périples insolents.
Il faudrait que quelqu’un vienne, et ce serait une femme.
Il faudrait qu’elle soit si pleine, qu’on dirait d’elle qu’elle est une louve.
Il faudrait qu’elle ait 1000 doigts,
Qu’elle nous fige en liens étroits
Sous la lune comme sous la pluie,
Sous les arbres aussi
Dans les mangroves, sur les plateaux.
On dirait d’elle qu’elle est une louve.
Elle chantera des mots, comme sifflent les horloges.
Elle serait hyène, Jacynthe, ou absinthe.
Mais elle ne viendra pas
Et personne n’entendra jamais sa voix.
Calypso Debrot
Crédits photographiques : Calypso Debrot