La House of the Living-Dead, projet réalisé par le collectif Dispersion, est un espace de rencontres et d’échanges sous forme d’attraction expérimentale. Dédiée au divertissement, autour du « mort-vivant », elle aborde une pratique « in situ ». Nourri par des structures ou représentations archétypales, le parcours, qu’elle propose suit un rapport symbolique modulaire puisant dans le Réel, l’Imaginaire et le Possible. Ce dispositif interroge le rapport objet/corps et la fascination de la technique par une pratique collective ludique à travers le mythe du Mort-Vivant.
House of the Living-Dead, 1er au 4 juillet 2010
Collectif Dispersion
Structure en bois, décors, objets, costumes, production sonore, comédiens
Caserne Niel, Bordeaux, dans le cadre de Imaginez Maintenant - les 4 jours de la jeune création
Crédits photographiques : Charles Badi (images 1 et 2) et Pierre Planchenault (images 3 et 4)
En confrontant des champs multiples, nous proposons de réaliser ou de modifier des pièces au long des 4 jours de l’attraction dans et hors des bâtiments de la caserne. Ce faisant, Dispersion mène une réflexion sur l’exposition comme mode de divertissement et pousse à l’occupation du lieu en proposant un terrain de jeu éclaté. La House of The Living-Dead fait intervenir des éléments toujours différents (expositions, performances, projections...), chaque étape étant nourrie par les précédentes dans un cadre aux frontières sans cesse repoussées. La House of The Living-Dead est mouvante dans l’espace et dans le temps, s’adapte aux lieux et aux contextes. C’est une sorte de mini « société du spectacle » où se déploient peur, perversion, sadisme et curiosité malsaine tout comme le plaisir et la gaieté qu’ils procurent.
La House of the Living-Dead traduit l’état instable, symptomatique
du « mort-vivant ». Elle est un entre-deux, un compromis, un espace autant d’attraction que de répulsion se rapprochant de l’inquiétante étrangeté : l’umheimlich. Freud attire l’attention sur l’ambiguïté étymologique de ce terme. Heimlich, qui fait référence à ce qui est familier et intime, signifie également ce qui est secret mystérieux ; le mot fait donc allusion de fa- çon ambiguë à son contraire, umheimlich, soit ce qui est occulte, lugubre et inconnu.
L’intensité sera de mise, les formes symboliques choisies, inscrites dans notre culture agissent sur nos émotions, fruits de l’umheimlich. La House of The Living-Dead offre aux sens et à l’esprit des mondes imaginaires et possibles. Ces mondes divertissent la pensée, la distraient du poids quotidien de la conscience.
Nous puisons dans les registres de l’horreur. La maison-ruine, symbole romantique, fascinante, la maison tel un enchanteur. La House of The Living-Dead dévoile une beauté obscène, incarne la tête coupée de la méduse qui rend rigide d’effroi. Interrogeons nous sur nos limites dans la vie domestique. La House of The Living-Dead transfigure le réel tragique. Les plusieurs états de la maison, le cœur de l’action ou la mise en veille, brouille volontairement l’esprit du spectateur.
Captation : Pierre Planchenault



















